LA RENAISSANCE FRANÇAISE

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Journées du Patrimoine à Amiens-Argoeuves et distingués des 16-17 septembre 2017

samedi 30 septembre 2017, par Internet - Site

Élément majeur de toutes les cultures, le patrimoine se conjugue au pluriel. Il est architectural, environnemental, social, artistique, scientifique, archéologique, etc. C’est la trace profonde de l’humanité dans la marche des siècles.
En Picardie, le patrimoine monumental est dominé par un réseau dense de cathédrales gothiques médiévales. Celles de Noyon, Laon, Amiens, Beauvais, Senlis, Soissons sont représentatives de l’audace et de la créativité des bâtisseurs du Moyen-âge, et de l’emprise considérable de l’Eglise catholique sur la société civile, politique et militaire.

Si le temps des Croisades fut l’expression sanglante d’une volonté de dominer l’Europe occidentale et le Proche Orient à la charnière du continent asiatique, on ne saurait renier certaines de ses apports d’un point de vue culturel. Les architectes et compagnons bâtisseurs qui firent partie des expéditions lointaines revinrent au royaume de France avec des technologies nouvelles et une autre approche des arts lapidaires.

L’art ogival – qui passa sous le vocable « gothique » à la Renaissance – doit beaucoup aux incursions en terres lointaines. Sa maîtrise permit d’élever des édifices approchant la voûte céleste.

Des toutes les cathédrales gothiques médiévales, Amiens est la plus vaste, en volume (deux fois Notre-Dame de Paris), et la plus cohérente, représentative de gothique classique. Merveilleusement préservée de toutes les destructions – des intempéries, des révolutions et des guerres – il ne lui manque aucune figure de décor symbolique. Toutes les statues, qui se comptent en milliers à l’extérieur comme à l’intérieur de l’édifice, sont restées intactes. La cause majeure de certaines détériorations de la pierre est au compte des gels hivernaux ravageurs.
Depuis le lancement du chantier de construction lancé en 1220, les compagnons bâtisseurs n’ont plus jamais quitté Notre-Dame d’Amiens. Ils durent parfois intervenir en urgence pour parer aux menaces d’effondrement en encerclant les maîtres piliers d’un chaînage en fer. Durant la Révolution Française et la période de Terreur, l’édifice fut sauvé de la ruine grâce à un certain Bruno Vasseur, maître charpentier couvreur, qui assura le couvert à ses frais pour empêcher les infiltrations d’eau ravageuses.
Les restaurations effectuées sous la direction de Viollet-le-Duc et la création d’un service d’Etat pour un classement des monuments historiques à l’inventaire d’un patrimoine national, mirent définitivement les grands monuments de France à l’abri du péril. Notre-Dame d’Amiens, inscrite à cet inventaire, fait aujourd’hui partie du patrimoine mondial de l’humanité inscrit sur les registres de l’UNESCO.
En se rendant à Amiens durant les deux Journées Européennes du Patrimoine, le président international de la Renaissance Française, le professeur Denis Fadda, a voulu marquer de sa présence tout l’intérêt que porte cet établissement reconnu d’utilité public à tous les patrimoines, et en particulier au patrimoine architectural historique. « C’est l’un les éléments clés d’expression de la francophonie », a-t-il assuré au cours de ces deux journées au cours desquelles les compagnons bâtisseurs ont été mis à l’honneur.
Nommée « La Bible d’Amiens » par John Ruskin, critique d’art britannique du 19è siècle, dans un ouvrage traduit par Marcel Proust (1904), Notre-Dame d’Amiens propose un langage mystique que les archéologues et historiens n’ont pas entièrement décrypté.
Cette cathédrale n’est pas uniquement une destination touristique. Elle est sujet d’études universitaires à l’Université de Columbia (E.U.), à la chair tenue par l’historien médiéviste Stephen Murray. Des scientifiques viennent du monde entier pour la voir, l’ausculter, la sonder, la lire et la comprendre. Ses charpentes se sont prêtées aux examens de dendrochronologie. Ses fondations ont été sondées par sonar pour détecter les sépultures des prélats dissimulées sous le pavage. A chaque intervention, la cathédrale délivre un langage si particulier. Sa pierre parle à qui sait l’entendre.

Lors d’une exposition des métiers de la restauration des Monuments Historiques organisée dans le parc du château d’Argoeuves, commune proche d’Amiens, dans une collaboration associant la Mairie et la délégation de Picardie de la Renaissance Française, le président Denis Fadda a remise, à titre exceptionnelle, des hautes distinctions à des compagnons bâtisseurs oeuvrant sur le patrimoine monumental.

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Médaille d’or de La Renaissance Française

Claude Courageux, maître verrier
Distingué pour l’ensemble de son oeuvre

Claude Courageux est l’un des plus grands spécialistes mondiaux du vitrail des XVIè et XVIIè siècles. Il a notamment restauré la Rose de la Vierge de la cathédrale d’Amiens – la rosace de la façade principale. Son parcours est le suivant :
Né le 8 août 1938 à BEAUVAIS dans l’Oise.
École des Beaux-Arts à PARIS. A œuvré dans les ateliers parisiens VOCH, RAY, JANIOT, BARILLET, Max INGRAND et GRUBER (7 ans).
Établi depuis janvier 1962 comme maître verrier.
1976 : inaugure l’atelier de CREVECOEUR-LE -GRAND
Premier prix des Arts Décoratifs
Meilleur ouvrier de France
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres
Grand prix régional des Métiers d’Art
Médaille d’argent 1998 de l’Académie d’Architecture.

Ses principales réalisations :
Bibliothèque Historique de PARIS (Hôtel Lamoignon)
Palais de Justice de ROUEN
Chapelle de la Citadelle de SISTERON
Eglise Notre Dame à ALENCON
Cathédrale de BEAUVAIS : 2 verrières « Purification par les eaux et le feu », « l’Eden »
Cathédrale de NOYON Cathédrale de SENLIS
Basilique de SAINT-NICOLAS DE PORT
Carmel de COMPIEGNE à Jonquières
Carmel de BEAUVAIS
Abbaye de MURBACH -1997-
Restauration de la Rose de la Vierge du XVIe siècle à la cathédrale d’AMIENS -1997.

Raymond Vuylesteck, couvreur, plombier d’art
Distingué pour l’ensemble de son œuvre

Raymond Vyulestek est Grand Prix du Patrimoine 1980, chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.
Aujourd’hui retraité. A dirigé le chantier de restauration de la flèche de Notre-Dame d’Amiens (1973-80). Une œuvre exceptionnelle impliquant le démontage de tous les plombs couvrant les structures de la flèche, de la base au sommet, la copie à l’identique de toutes les figures (personnages bibliques, chimères, crochets gothiques, feuillages, etc.), le remplacement des pièces de charpentes détériorées, l’assemblage des nouvelles pièces, la mise en place des plombs et de la statuaire, dans des conditions d’élévation périlleuses dues à l’élément « flèche » n’offrant que peu d’espace aux compagnons pour se mouvoir.
Nombreuses restauration d’édifices religieux, classés ou non en divers régions de France.
Raymond Vuylesteck continue de transmettre son savoir faire lors de démonstration et exposition des métiers de la restauration des monuments.

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Médaille d’or du rayonnement culturel

Dominique Caux, couvreur, plombier d’art
Distingué pour sa carrière et son oeuvre

Dès 1972, Dominique CAUX apprend son métier auprès de son père Yvan et devient un ouvrier hautement qualifié. Il acquiert son savoir-faire en participant à la restauration de grands monuments tels que la flèche de La Cathédrale d’Amiens, les Dômes Impériaux du musée de St Amand-Les-Eaux ainsi que de nombreux clochers d’églises picardes.
Oeuvrant en compagnon aux côté de Raymond Vuyslesteck, il a acquis un niveau de perfectionnement lui permettant de créer sa propre entreprise de couverture et restauration de toitures. Sa société compte actuellement une vingtaine de salariés auxquels il a transmis ce qu’il a reçu et ses maîtres.

Médaille d’argent du Rayonnement Culturel

Patrick Grasser, couvreur
Distingué pour sa carrière

Le vieux Moulin-du-Roy d’Amiens, dit Moulin Passe-avant, bien que classé à l’inventaire des monuments historiques, a longtemps menacé ruine. Situé dans l’un des quartiers populaires de la capitale de Picardie, les riverains le voyaient s’affaisser dangereusement, près à tomber dans le bief alimentant ses roues à aube.
Il fallut faire appel à la souscription publique pour trouver des fonds et procéder à son sauvetage.
Patrick Grasser a conduit le chantier de couverture de ce moulin que les Amiénois ont redécouvert avec grand plaisir et une réelle tendresse.
Toujours à Amiens, il a restauré les toitures des principaux monuments classés : cathédrale, églises Saint-leu et Saint-Germain, musée de Picardie et de Berny, cirque municipal Jules-Verne. Son savoir-faire l’a également conduit sur les sommets parisiens, comme le toit du Louvre, par exemple.

Emile-Armand Benoit, couvreur, plombier d’art
Jeune meilleur ouvrier de France

Les chantiers d’Emile-Armand Benoit, couvreur, plombier d’art font rêver tous les compagnons de ce métier : flèche de la cathédrale de Rouen, hôtel de Crillon à Paris, château de Chambord. Il n’avait pas encore 30 ans lors qu’il a été reçu Meilleur Ouvrier de France. L’élite de la profession.
Le patrimoine est sa grande passion. Les entreprises certifiées « Monuments Historiques » se disputent ses services. Le jeune entrepreneur a créé sa propre entreprise, vient d’embaucher son premier apprenti. Dans la tradition du compagnonnage, il transmet déjà son savoir et ses secrets.


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Le président international Denis Fadda, lors des Journées Européennes du Patrimoine à Amiens-Argoeuves, entouré des compagnons bâtisseurs distingués. A sa droite, au premier plan, Claude Courageux, maître verrier, restaurateur de la « Rose de la Vierge » de la cathédrale d’Amiens. A sa gauche, Raymond Vuylesteck, couvreur plombier d’Art, Grand Prix du patrimoine 1980, chef de chantier de la restauration de la flèche de Notre-Dame d’Amiens. Au second rang, de gauche à droite, les compagnons Emile-Armand Benoit, meilleur ouvrier de France 2016 en couverture et plomberie ; Dominique Caux, maître couvreur en monuments historiques ; Patrick Grasser, ardoisier couvreur en monuments historiques.
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Claude Courageux, maître verrier, l’un des plus grands spécialistes mondiaux du vitrail des XVIè et XVIIè siècles. Il est également le créateur du « vitrail – tableau », lorsque l’art du vitrail devient art plastique dans des jeux de couleurs et de lumière. Il est ici en présence du président international Denis Fadda, qui vient de le décorer de la plus haute distinction de la Renaissance Française.
En arrière-plan : Emile-Armand Benoit, meilleur ouvrier de France 2016 en plomberie d’art.
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Les compagnons à l’œuvre dans le parc du château d’Argoeuves, proche d’Amiens, aimablement mis à la disposition de La Renaissance Française et de la Mairie locale par les propriétaires, M. et Mme Gonzague Creton de Limmerville.
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Patrick Grasser, médaille d’argent de la Renaissance Française au titre du rayonnement culturel, en 2016 lors du chantier de restauration du Moulin-du-Roy, à Amiens, classé monument historique.

Crédits photo : Flore Chapelle, Pierre Mabire, autres intervenants.

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